Enric Riba est le président de l’Association des offices nationaux étrangers de tourisme (Adonet). Après la crise qui a touché presque toute la planète, il préconise de nouvelles offres pour relancer le voyage. L’écotourisme et le retour à la tradition notamment.
Est-ce que la crise a touché le tourisme mondial ?
Le mauvais contexte économique a concerné l’ensemble des continents [sauf l’Afrique, ndlr], plus ou moins fortement selon la destination et la nationalité des voyageurs. Les voyageurs ont réduit ce qu’ils considéraient comme superflu. Ils sont partis moins loin, moins cher et moins longtemps. Mais on sent comme une reprise depuis la fin de l’année 2009. On sait déjà que les stations de sports d’hiver ne feront pas moins bien que les années précédentes.
Quelle stratégie adopter pour redynamiser le marché ?
Il faut inciter les consommateurs à repartir en vacances avec des offres tout inclus (« all included »). Proposer quelque chose d’aussi attrayant qu’avant, avec un contenu plus étoffé. Ce qui compte maintenant, ce n’est plus la proximité mais le prix. Les voyageurs sont prêts à partir loin si la formule proposée est moins chère que de rester en Europe.
Quelles nouvelles tendances se dégagent ?
Les pays scandinaves pratiquent l’écotourisme depuis longtemps. Des pays comme la France, l’Italie ou l’Espagne s’y mettent depuis quelques années. Les voyageurs souhaitent se rapprocher de la nature, protéger l’environnement et la planète, ils veulent retrouver la pierre, le bois et l’ardoise. Ils essayent de partir en vacances sans prendre leur voiture, d’utiliser les transports locaux. La vie culturelle est également devenue un élément important. Les voyageurs sont plus attachés aux coutumes et aux traditions.
Propos recueillis par Philippe Schaller