AMERIQUES. Le fleuve est le berceau du Québec (stand D 44). Au fil des siècles la population s’est installée sur ses rives. Il offre aujourd’hui l’occasion d’un voyage entre nature et histoire.
Au cœur de la vie et du patrimoine québécois, le Saint-Laurent. Fleuve mythique emprunté par l’explorateur Jacques Cartier au XVIe siècle, il constitue « l’eau de vie » de la population majoritairement réunie le long de ses rives. Et un point d’observation privilégié de la faune québécoise.
Les oies des neiges, en particulier, qui s’apprêtent en ce début de printemps à faire leur grand retour. La première quinzaine d’avril, ces oiseaux migrateurs remontent vers le Nord. Une simple paire de jumelles suffit à les observer, mais des ornithologues proposent des visites guidées de trois heures moyennant une trentaine de dollars canadiens.
« Elles sont le signes annonciateurs de l’arrivée du printemps, c’est comme un retour à la vie, s’enthousiasme Yvonne Simard, du ministère du tourisme québécois, la nature se met en fête et en scène. » Les centaines de milliers d’oies blanches ont choisi trois points d’étapes pour leur périple : Montmagny, Cap Tourmente et la Baie-du-Febvre.
La première est le chef-lieu des érablières, dont la sève est justement récoltée au printemps. Située dans la région de Chaudière-Appalaches, elle est le point de départ des croisières pour l’île de la Quarantaine, l’Ellis Island québécois, principale porte d’entrée des immigrants au XIXe siècle.
Le Cap Tourmente offre, lui, une aire protégée avec sa réserve naturelle en bordure de fleuve. Il abrite également la toute première ferme de la Nouvelle France, trace de l’installation des pionniers il y a 400 ans. La Baie-du-Febvre, en revanche, était quelque peu délaissée par les oies des neiges ces dernières années, mais présente un écosystème particulier. Véritable petit lac au cœur du fleuve, ses marais offrent l’occasion de ballades en barques.
Fin septembre et début octobre, les migrateurs font le chemin en sens inverse. « Les champs deviennent complètement blancs tant les oies sont nombreuses et contrastent avec les forêts rouges et jaunes. C’est sublime », s’enflamme Yvonne Simard.
Autre atout de cette saison : elle correspond à la dernière chance d’apercevoir les baleines bleues qui ont investi l’estuaire du Saint-Laurent depuis le mois de mai. Les kayaks, zodiaques et autres petites embarcations permettent de voguer au plus près des cétacés. La ville de Tadoussac est particulièrement recommandée pour larguer les amarres puisqu’elle abrite le Centre d’interprétation des mammifères marins.
Logements insolites, de nombreux phares sont reconvertit en hôtels, sur les rives du fleuve. Le retour à la nature peut donc s’accompagner d’un voyage au temps des explorateurs.
Pauline Théveniaud
Mots-clefs : baleines, nature, oiseaux, Québec, Saint-Laurent